
Jeudi 23 septembre
Vendredi 24 septembre
Samedi 25 septembre
Dimanche 26 septembre
Du 24 au 26 septembre
Du 6 au 26 septembre
Photos du festival de Nancy 2004
1. Les expositions
Le festival francophone de haïku a commencé dès le 6 septembre par l'ouverture de 4 expositions :
A noter que ces expositions se sont arrêtées à Nancy, entre deux voyages de par le monde. Un grand merci à leurs auteurs.
Il s'est terminé le 26 septembre lors d'un débat sur le haïku en français. Mais avant d'en arriver là, petite rétrospective du dernier week-end du festival.
2. Les livres de haïkus
Le jeudi soir 23 septembre, dans un restaurant de la ville moyen-âgeuse (dite Ville Vieille) 'Le lez'art', avait lieu, autour d'une tartine provençale, une discussion amicale sur le haïku. Ce fut l'occasion de présenter dix des derniers ouvrages :
Tous ces livres venant du Canada.
Et pour les livres français :
Chacun de ces livres sera présenté dans gong n°5.
La soirée a continué autour d'un plat régional et ce fut un plaisir pour moi de partager cet instant avec Micheline, Janick, Mihaela et Ion.
3. Le marché du livre
Vendredi 24 et samedi 25. Pendant deux jours nous avons déplié nos tables au marché central de Nancy, dans la halle qui fleure bon le poisson "
Au milieu des riches couleurs des fruits et des légumes, au milieu des cris des marchands, à côté des vendeurs de champignons et de chaises paillées, nous avons dressé des grilles décorées de dessins d'enfants, nombreux et variés, qui illustraient 3 haïkus d'Issa, traduits par Seegan Mabesoone. Il s'agissait d'un concours organisé avec 3 écoles, les dessins gagnants seront publiés dans le n° spécial concours que l'AFH publiera prochainement.
Au dos des grilles Janick et Micheline avaient composé un mur d'affiches et de programmes de sorte que nul passant dans la rue ne pouvait ignorer notre présence.
Le dimanche 26, dans un stand moins décoré et plus petit, nous avons établi le marché du livre à la fête du Parc Sainte Marie (un des deux plus grands parcs de la ville).
Nous avons présenté au public plus de 110 titres et le succès de ce marché fut total puisque nous avons vendu plus d'une centaine de livres en 3 jours.
Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont tenu le stand car sans eux cette manifestation n'aurait jamais pu existé.
4. Les spectacles
Le 1er était "le jardin de Maître Nô" interprété par Chritine Blondel et mis en scène par Magalie Ducleux à partir du livre de Thierry Cazals "le rire des lucioles'.
c'est un spectacle sobre (au sens noble du terme) qui au travers de rares accessoires (dont une variété impressionnante de gants) fait vivre une multitude de personnages s'interrogeant sur la vie (sur leur propre vie) de Maître Nô qui passe son temps à cultiver une unique rose.
A la suite du spectacle, nous avons partagé un repas, d'inspiration japonaise, composé par Martial et toute son équipe du restaurant l'Atelier (un restaurant d'application qui "uvre pour la réinsertion sociale par le travail. Il forme des hommes et des femmes aux métiers de serveur et de cuisinier). Qui n'est jamais venu assité à un dîner-spectacle de l'atelier ne peut ressentir tout l'amour que ces personnes mettent dans leur travail. La délicatesse des plats qui nous sont servis est toujours un plaisir pour les sens. Nul doute qu'ils contribuent largement au succès de ces soirées, et ils n'en seront jamais assez remercié.
Le 2ème spectacle, présenté le samedi soir par Sam Cannarozzi, s'intitule "go shichi go". Sam, qui est conteur, a su mettre à profit tout son art (et sa maîtrise de plusieurs langues étrangères) afin de déclamer des haîkus classiques et des haïkus modernes tout en jouant avec des lumières, des percussions, des balles de jonglage et des origami.
Ce spectacle fut à nouveau suivi d'un repas organisé par l'Atelier qui cette fois-ci s'est surpassé en nous présentant des assiettes, véritables "uvres d'art. Chaque auteur a présenté quelques-uns de ces haïkus et des papiers circulaient entre les tables afin que des haïkus soient notés ici et là.
Deux soirées riches en rencontres, en partages et pleines de convivialité. Des soirées comme on aimerait qu'il y en ait plus souvent !
5. Récitals et conférences
Ce 1er festival voulait être varié tant pour le public que pour les amateurs avertis.
c'est pourquoi trois activités, sans compter le débat ont été programmées :
"Nature et poésie dans l'oeuvre d'Emile Gallé".
Nancy fêtait cette année Emile Gallé à l'occasion du centième anniversaire de sa mort. Emile Gallé fut un des fers de lance du mouvement dit "école de Nancy". c'était un artiste fortement influencé par la nature et toute son "uvre est empreinte de poésie.
Il semblait donc naturel d'inclure cette conférence dans notre festival. Madame Mireille Canet, responsable du service éducatif des Musées de Nancy, nous a fait fait partager, durant cette conférence, sa passion pour Gallé. c'était un moment fort, empreint d'émotion, difficile à rompre.
"Venise après le Carnaval".
était un récital unique en son genre car trois formes d'art se partageaient la scène : texte, musique, photo.
Ion Codrescu lisait (en français, il faut l'applaudir) son haïbun dont le titre du récital est extrait (vous retrouvezrez l'intégralité de ce haïbun dans gong n°5)
Daniel Py jouait au hautbois des partitions de Bellini, Cimarosa, Albinoni, Marcello et Vivaldi. Il avait beau se cacher, la puissance de son instrument emplissait la salle et la vivacité de sa musique faisait agréablement oublié le souffle monotone de l'ordinateur avec lequel je faisais défiler des photos de Venise et de son Carnaval.
Nous avons commencé le dimanche matin autour d'un café chaud et Ion nous a exposé comment composé un renku, et plus précisément un nijuin, renku de 20 strophes (le texte de son intervention sera également publié dans gong n°5 " ce gong sera vraiment un n° exceptionnel !).
Nous étions une petite dizaine à plancher sur l'écriture de renku. Et si les premières strophes étaient relativement faciles à écrire, plus nous avancions, plus il devenait difficile de trouver l'inspiration. Ce qui est naturel puisque les termes, les images, utilisés dans une strophe ne peuvent pas l'être dans la suivante.
Même si le renku n'est pas terminé à ce jour (mais il le sera par le biais d'internet) ce fut un moment de partage convivial qui m'a permis, un court instant, d'oublier tous mes soucis d'organisation, et ils furent nombreux.
6. Le débat
Le proverbe dit "il faut toujours garder le meilleur pour la fin'. Il m'est impossible de dire que le débat fut le meilleur moment du festival, tant les principaux temps forts de ce festival étaient différents. Chacun d'eux apportait sa spécificité afin de constituer un tout qui semblait homogène.
Si j'ai gardé le débat pour la fin du compte-rendu c'est parce que c'était le dernier événement du festival, mais aussi, nous le verrons, parce qu'il a permis de dessiner une esquisse de haïku.
Ce débat était placé sous la présidence de Bertrand Agositini, qui a tout d'abord présenté chacun des intervenants.
Daniel Py est intervenu en premier afin de lire un texte de Patrick Blanche, qui n'a pu être présent : "sur le chemin du haïku".
Serge Tomé a ensuite pris la parole pour nous expliquer les différences existant entre le haïku français et le haïku anglophone.
Bertrand Agostini nous a parlé de l'art poétique du haïku chez Jack Kerouac.
Georges Friedenkraft nous a ensuite décortiqué quelques haïkous francophones pour en extraire la substantique moëlle, dans la forme comme dans le fond, en considérant le haïku sous sa forme libre.
Daniel Py a rencentré le débat autour du haïku zen, puis
Jean Antonini a intitulé son intervention "à propos de qualité poétique et du haïku en France".
(tous ces textes, et ceux d'autres auteurs, seront publiés dans le recueil qui accompagnera gong5)
Pour finir, quelques échanges ont eu lieu entre les intervenants et les auteurs présents dans la salle.
Il ressort de ce débat que trois termes ont été acceptés de tous pour définir le haïku :
Cela peut faire sourire certains de voir cette conclusion. Elle me semble pourtant pas si anodine que cela. Tout d'abord le haïku est un poème, il ne doit donc pas être une simple description sans saveur.
Ensuite il parle de l'instant. Il doit être ancré dans l'instant. Cela supprime donc beaucoup de tercets qui ressemblent plus à des proverbes ou des aphorismes.
Nous ne sommes pas allés au delà de cette définition, par manque de temps, c'est certain. Mais il est probable également que cette définition soit une sorte de consensus, une sorte de définition générique qui englobe toutes les formes de haïkus.
Il serait intéressant de dégager ces différentes formes de haïkus et leurs composantes. Gageons que ce sera pour un autre festival. l'an prochain si quelqu'un est volontaire ou au plus tard en 2006 à Nancy.
Copyright AFH, 2004