SATORI D'OCTOBRE est bien dans la continuité des Senryûs du silence de Marcel Peltier, récemment publié chez le même éditeur.
La technique en est semblable : 2 "vers" séparés par un interligne, qui donne plus de / la respiration au poème... Marcel nous explique clairement, en fin de volume " l'évolution de (sa) démarche créative."
Le dosage exact des mots, l'équilibre, en sont périlleux, dans ces courts poèmes de parfois 5 ou 6 mots seulement, pour que leur raréfaction ne (re)tombe pas dans l'anecdotique, ni dans l'hermétisme !
L'exercice est réussi quand je lis :
Accusé impassible / / le casque sur les oreilles
La serrure forcée après sa mort / / rien dans le tiroir
Bouches cousues / / matelas dans l'église
(: "AVANT")
Autres remarquables (à mes sens) :
Sifflement du vent / / le goéland lent
(avec sa musique "enfantine" -en "en");
Mouettes immobiles sur le brise-lames / / le vent giclant
Rouge le coucher du soleil / / elle boîte
(: "PENDANT")
Dernière promenade / / cette solitude dans l'immensité
et ce dernier, qui aurait pu, à mon sens, conclure le recueil :
Ne plus rien dire / / les cris des mouettes
, dans cet "APRÈS" serein de la fin de ce voyage océanique ... et "initiatique" ?
Une belle progression, Marcel, apaisante à souhait ! Merci à toi !